Vêtements haute visibilité : ce qu'une marque doit préparer avant de les faire confectionner
Un gilet ou une veste haute visibilité est un équipement de protection individuelle, soumis à une norme et à une procédure de mise sur le marché. Avant de lancer une production, la marque doit savoir quelle classe elle vise, qui porte la responsabilité du marquage CE et ce qu'elle peut attendre de l'atelier de confection.
La norme de référence : EN ISO 20471
Dans l'Union européenne, les vêtements haute visibilité à usage professionnel sont évalués selon la norme EN ISO 20471, qui a remplacé l'ancienne EN 471 en 2013 et a été amendée en 2016. Elle sert de norme harmonisée pour démontrer la conformité au règlement (UE) 2016/425 sur les équipements de protection individuelle.
La norme repose sur deux types de matières :
- la matière de fond fluorescente, qui rend le porteur visible de jour. Seuls trois coloris sont admis : jaune fluorescent, orange rouge fluorescent et rouge fluorescent ;
- la matière rétroréfléchissante, généralement sous forme de bandes, qui renvoie la lumière des phares vers sa source et rend le porteur visible de nuit.
Les trois classes et leurs surfaces minimales
La norme définit trois classes. Chacune impose une surface minimale de matière fluorescente et de matière rétroréfléchissante :
| Classe | Matière fluorescente | Matière rétroréfléchissante | |---|---|---| | Classe 1 | 0,14 m² | 0,10 m² | | Classe 2 | 0,50 m² | 0,13 m² | | Classe 3 | 0,80 m² | 0,20 m² |
Quelques règles de conception découlent de ces chiffres :
- Les surfaces se mesurent sur la plus petite taille. Une grille de tailles qui commence très petit peut donc faire baisser la classe atteinte par tout le modèle.
- Les bandes rétroréfléchissantes mesurent au moins 50 mm de large.
- Sur un vêtement qui couvre le torse, les bandes font le tour du corps et passent par dessus chaque épaule, de l'avant vers l'arrière. Une bande horizontale unique doit se trouver à au moins 50 mm du bas du vêtement, et plusieurs bandes horizontales doivent être espacées d'au moins 50 mm.
- La classe 3 demande en pratique de couvrir le torse et aussi les bras ou les jambes : veste à manches longues, combinaison, ou ensemble veste et pantalon.
Une poche plaquée, une découpe ou un logo posés sur la matière fluorescente réduisent la surface visible : cela se décide dès le dessin.
Qui fait quoi pour le marquage CE
Le règlement (UE) 2016/425 classe les EPI en trois catégories. Les vêtements haute visibilité à usage professionnel relèvent de la catégorie II. Pour cette catégorie, la procédure combine deux modules :
- le module B, examen UE de type, réalisé par un organisme notifié. Il examine la documentation technique, fait réaliser les essais de la norme harmonisée et délivre une attestation d'examen UE de type, valable cinq ans au maximum ;
- le module C, conformité au type, sous la responsabilité du fabricant, qui garantit que la production reste identique au modèle examiné.
Au sens du règlement, le fabricant est la personne qui fabrique un EPI ou le fait concevoir ou fabriquer, et le commercialise sous son propre nom ou sa propre marque. Lorsqu'une marque fait produire un gilet haute visibilité dans un atelier et le vend sous son nom, c'est donc elle qui porte les obligations du fabricant :
- constituer et conserver la documentation technique ;
- obtenir l'attestation d'examen UE de type auprès d'un organisme notifié ;
- établir la déclaration UE de conformité et apposer le marquage CE ;
- conserver la documentation technique et la déclaration pendant dix ans après la mise sur le marché du dernier article.
Ce que l'atelier de confection fait, et ce qu'il ne fait pas
L'atelier fabrique le vêtement tel qu'il a été défini et examiné :
- suivre le cahier des charges et le patronage validés, sans modifier la position ni la largeur des bandes ;
- poser les bandes rétroréfléchissantes avec le matériel adapté, par exemple une machine de pose de bande à 4 aiguilles ;
- utiliser les matières et les fournitures prévues dans la documentation technique, avec leurs références ;
- contrôler les mesures et l'aspect des pièces, selon le niveau de contrôle fixé par la marque.
En revanche, l'atelier n'est pas l'organisme qui certifie. Il ne délivre pas d'attestation d'examen UE de type et ne remplace pas l'organisme notifié. La conformité du modèle se joue entre la marque et cet organisme ; la régularité de la production se joue entre la marque et l'atelier.
Le dossier à préparer avant de demander un devis
Pour chiffrer un article haute visibilité, l'atelier a besoin de :
- la classe visée et la grille de tailles, en indiquant la plus petite taille ;
- les références exactes de la matière fluorescente et de la bande rétroréfléchissante, avec leur fiche technique ;
- le plan de pose des bandes : position, largeur, longueurs, recouvrements aux coutures ;
- les fournitures (fermetures, velcros, fils) et les marquages prévus ;
- les étiquettes et la notice d'information demandées par le règlement, qui relèvent du fabricant.
Changer une matière ou une bande après l'examen de type peut remettre en cause la conformité au type. Mieux vaut figer ces références avant le prototype.
Chez Vestra
Chez Vestra, les vêtements haute visibilité passent sur les grandes lignes de production, celles des articles lourds comme les combinaisons, les pantalons et les vestes. L'usine de Sidi Bou Ali, près de Sousse, dispose d'une machine de pose de bande 4 aiguilles. Vestra produit à partir du cahier des charges et du patronage du client, en CMT ou en full package selon les familles de produits, à partir de 200 pièces par modèle. Le contrôle qualité suit 5 étapes, de la réception des matières à l'emballage, avec un niveau AQL fixé par le client à chaque commande. La certification du modèle reste du ressort de la marque et de son organisme notifié.
Pour étudier votre article haute visibilité, envoyez votre dossier technique à sales@vestratextile.com.
FAQ
L'atelier peut il fournir le certificat CE de mes gilets ?
Non. Pour un EPI de catégorie II, l'attestation d'examen UE de type est délivrée par un organisme notifié au fabricant, c'est à dire à la marque qui commercialise le vêtement sous son nom.
Pourquoi la plus petite taille compte autant ?
Parce que les surfaces minimales de la norme EN ISO 20471 sont mesurées sur la plus petite taille. Si elle ne les atteint pas, le modèle ne peut pas revendiquer la classe visée.
Peut on ajouter un logo sur un vêtement haute visibilité ?
Oui, à condition de tenir compte de la surface de matière fluorescente qu'il recouvre. Ce point se vérifie au stade du dessin.
Vestra Manufacturing, fabricant de vêtements de travail en Tunisie →
Sources
- ProGARM, « EN ISO 20471 » (surfaces minimales par classe, largeur de bande de 50 mm, règles de pose sur le torse) : https://progarm.com/en-standards/en-iso-20471/
- XM Textiles, « EN ISO 20471 Explained: Hi-Vis Classes 1, 2 and 3 » (remplacement de l'EN 471 en 2013, amendement de 2016, trois coloris fluorescents admis, norme harmonisée au titre du règlement 2016/425) : https://www.xmtextiles.com/certification-news/xm-silverline/en-iso-20471-explained/
- Molinel, « EN ISO 20471 : vêtements de protection haute visibilité » (surfaces mesurées sur la plus petite taille, classe 2 en EPI de catégorie II) : https://www.molinel.com/en/content/36-en-iso-20471-vetements-de-protection-haute-visibilite
- SATRA, « European conformity assessment of PPE » (catégorie II : module B par organisme notifié et module C, validité de cinq ans, conservation pendant dix ans) : https://www.satra.com/spotlight/article.php?id=561
- EUR-Lex, règlement (UE) 2016/425 relatif aux équipements de protection individuelle (définition du fabricant, obligations, catégories) : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32016R0425